L’entretien du mois : Victor Chevrillon, jeune écrivain s’intéressant au cachemire

Victor Chevrillon s’intéresse au parcours du cachemire. Il est venu en Mongolie afin d’en apprendre davantage sur cette matière première. Nous l’avons rencontré.

PNG

Qu’est-ce qui vous amène en Mongolie ?

Je m’intéresse au cachemire dans le cadre d’un projet de livre qui rentrera dans la collection Matières premières de mon éditeur François Bourin. Retracer la totalité du parcours du cachemire, depuis son origine jusqu’à aujourd’hui est un moyen d’éviter tout biais. Mon objectif est de partir de la chèvre et d’arriver au produit final, en passant par les échanges internationaux. Mes premières recherches m’ont vite poussé à m’intéresser à la Mongolie. Je compte rester un mois ici afin de rencontrer des éleveurs notamment dans les provinces de Bayanhongor et de l’Ovorkhangai ainsi que pour visiter des usines de transformation. Je m’intéresse également à la branche de cachemire durable développée par AVSF.

Pourquoi avoir choisir de vous intéresser au cachemire ?

Le cachemire est une matière traditionnellement considérée comme luxueuse mais qui s’est très largement démocratisée depuis quelques années. J’aimerais comprendre ce phénomène de démocratisation ainsi que ses conséquences.

J’ai tenté de rencontrer des marques françaises proposant des produits à base de cachemire. Lorsqu’elles ont accepté de me rencontrer, ces marques sont restées très vague quant à la provenance de la matière première. Je me suis donc dit qu’il fallait remonter la filière et essayer de comprendre son fonctionnement. Est-ce que garder secrète la provenance du cachemire est un moyen d’éviter la concurrence ou est-ce une façon de camoufler un quelconque dysfonctionnement au sein de la chaine d’approvisionnement ? La qualité du cachemire est-elle toujours la même ? Si non, qu’est ce qui diffère ? Quelles modifications dans les pays producteurs induit cette baisse des prix du cachemire que l’on observe en Europe. Comment la Mongolie s’insère-t-elle dans l’économie mondiale du cachemire ? Est-elle en mesure de fixer les règles par rapport à d’autre pays producteurs comme la Chine par exemple ?

Il s’agit de votre premier ouvrage, quelle est votre méthodologie de travail, votre démarche ?

Effectivement il s’agit de ma première expérience d’écriture mais j’ai la chance d’être très bien entouré. Je suis notamment en lien avec le journaliste économique et géopolitique François Roche qui a publié en 2017 une enquête sur le miel aux Editions François Bourin.

Concernant ma démarche, je réalise ce voyage en Mongolie afin de comprendre le fonctionnement interne de l’économie du cachemire mais je souhaite par la suite me rendre en Italie et en Écosse pour poursuivre mon étude. Par ailleurs, je compte faire de mon livre un récit de voyage sur le modèle de ce qu’a fait Erik Orsenaa sur le coton et l’eau. Ce sont les portraits des acteurs du secteur que je vais rencontrer qui vont me permettre de raconter de manière didactique ce parcours du cachemire.

Dernière modification : 23/07/2019

Haut de page