L’entretien du mois de novembre : Elsa Martayan, directrice française de l’Observatoire mondial des villes sur la qualité de l’air (GUAPO) en visite à Oulan-Bator

Avec le soutien de cette ambassade, Mme Martayan s’est rendue en Mongolie les 8 et 9 novembre dernier pour découvrir davantage les problématiques rencontrées par la capitale mongole en termes de pollution atmosphérique.
A l’issue de sa mission, Mme Martayan a rencontré de vice Maire d’Oulan-Bator M. Batbayasgalan afin de notamment discuter de la candidature de la ville à l’adhésion de la plateforme collaborative. Nous avons voulu connaître son état d’esprit à la fin de son séjour.

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Qu’est-ce que le GUAPO, la plateforme que vous dirigez ? En quoi consiste-t-elle ? Quelles sont ses missions ?

L’Observatoire mondial des villes sur la qualité de l’air est une structure associative (loi 1901) initiée en novembre 2017 par la Maire de Paris, Anne Hidalgo et le Président de la Métropole du Grand Paris, Patrick Ollier. Le GUAPO (Global Urban Air Pollution Observatory) se donne pour objectif de renforcer la coopération multilatérale entre les villes globales pour améliorer la qualité de l’air et ses impacts en matière de santé, qui sont, on le constate, très importants.

Cette plateforme offre à la fois un centre de ressources sur les solutions apportées par les villes membres, et collecte des données. Ces données couvrent trois domaines : la pollution de l’air bien entendu, des enquêtes épidémiologiques mettant en lumière la pollution comme risque sanitaire, et des données sur les solutions à ces phénomènes, apportées par chacune des villes membres.

Nous comptons actuellement une quinzaine de villes et métropoles qui aident à la constitution de ce répertoire de données, mais nous accueillons aussi d’autres contributions de la part d’organisations internationales, d’organisations non-gouvernementales, d’instituts de recherches ou encore du secteur privé lorsqu’il est engagé dans la lutte contre la pollution de l’air. Pour n’en citer que quelques-uns, nous bénéficions du soutien de l’OMS (Organisation mondiale de la Santé), INERIS (Institut national de l’environnement industriel et des risques), Santé publique France, la Fondation du Souffle, Airparif, etc… Nous disposons également d’un comité scientifique composé d’experts, de représentants d’organisations internationales et de réseaux de villes.

Quelles sont les raisons de votre présence à Oulan-Bator ?

Un des premiers objectifs de ma venue est d’assurer le suivi de la candidature d’Oulan-Bator pour son adhésion prochaine à la plateforme GUAPO.
Hormis cette considération première, je suis ici pour rencontrer des partenaires, voir comment les choses fonctionnent ici et voir quelles mesures pourraient être éventuellement entreprises.
Une première série d’ateliers pédagogiques avait eu lieu à Oulan-Bator, certains de nos partenaires tels que l’Atelier parisien d’urbanisme (APUR), et l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Paris La Villette (ENSAPLV) y avaient pris part.

Quelles sont vos premières impressions concernant la pollution atmosphérique à Oulan-Bator ?

La ville d’Oulan-Bator a des caractéristiques bien particulières. Elle a un niveau élevé de pollution saisonnière et il s’agit d’une ville relativement petite. Ses conditions climatiques aux températures extrêmement rigoureuses rendent le chauffage nécessaire. Pour autant, le chauffage au charbon est une solution très polluante, sa situation géographique en cuvette n’aidant pas.
Je constate que beaucoup d’organismes sont présents ici et qu’ils interviennent dans la surveillance de la qualité de l’air. Toutefois, nous ne disposons que de peu de données comparables au sujet des sources de pollution atmosphérique à Oulan-Bator. Il y a une réelle nécessité de système intégré et d’actions locales. Nous allons voir comment nous pouvons avancer dans la collecte de données.

Pour en savoir plus sur les méthodes et les mesures de la pollution de l’air à Oulan-Bator :

« Comment la pollution de l’air est mesurée à Oulan-Bator : quatre sources différentes, deux méthodes différentes »

« How air pollution is measured in Ulaanbaatar : 4 different sources, 2 different methods »

Dernière modification : 15/11/2019

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